Du FLE au FOS : Créer votre domaine d'expertise

L'épreuve de FOS au DAEFLE : ce qu'on ne vous dit pas toujours

L'option FOS est tout aussi exigeante que les blocs fondamentaux du DAEFLE. Beaucoup de candidats la préparent sérieusement — relisent leur cours, potassent les corrigés des micro- et macro-tâches — et ressentent malgré tout un flou persistant : qu'est-ce que l'épreuve attend vraiment de moi ?

Ce flou, je l'ai rencontré chaque année chez les candidats que j'ai accompagnés en révision. Il ne vient pas d'un manque de sérieux, mais du fait que la démarche FOS s'apprend surtout en la pratiquant — et qu'une seule micro-tâche par exercice, complétée d'une macro-tâche de synthèse, ne suffit pas toujours à s'y confronter pleinement.

Prenons le temps d'y voir clair.

De quoi parle-t-on ?

Le Français sur Objectif Spécifique, c'est le français utilisé dans un cadre professionnel, mais aussi à l'université et, de plus en plus, dans le champ de l'insertion sociale (pensez à un "au pair" échangeant avec sa famille d'accueil, ou à un candidat préparant son permis de conduire en français). Ce qui change, par rapport à un cours de FLE classique, c'est l'exigence du contexte et des besoins de l'apprenant dans ce contexte. Chaque tâche, chaque acte de parole que vous ferez travailler à vos apprenants doit sentir le métier ou la fonction — on doit littéralement "voir" cette fonction, notamment dans l'étude de cas, comme si l'on se trouvait sur leur lieu de travail.

Deux exercices, deux logiques

L'épreuve se compose de deux exercices, totalement indépendants l'un de l'autre.

Premier exercice : l'étude de cas. 

On vous confie un groupe de professionnels (des kinésithérapeutes, des directeurs d'usine, des maîtres d'hôtel...), qui devront exercer leur métier en français — parfois dans un contexte précis, parfois plus largement, selon ce que précise le sujet. On vous donne aussi leur niveau CECRL, révélé par un positionnement.

À vous, dans votre futur rôle de formateur, de construire un "programme de formation" répondant à leurs besoins linguistiques : quelles sont les quatre tâches professionnelles essentielles dans ce contexte ? De quels actes de parole ces professionnels auront-ils besoin pour la réalisation de chaque tâche (on vous en demande deux) ? Et pour chaque acte de parole, quel serait le support pertinent à utiliser (un document qui permette de travailler les objectifs linguistiques nécessaires à cet acte de parole) ? Quatre tâches professionnelles, huit actes de parole, huit supports. L'enjeu n'est pas de faire un catalogue exhaustif du métier, mais de rester au plus près de ce que ces professionnels auront réellement à dire en français, dans ce contexte, pour réaliser leur fonction.

Second exercice : la fiche pédagogique.

Ici, vous êtes pleinement dans votre rôle d'enseignant et la maîtrise du bloc fondamental "Préparer un cours" est essentielle. À partir de l'analyse d'un document qui vous est donné et qui est lié à la pratique professionnelle de vos apprenants, il s'agira pour vous d'élaborer une séquence pédagogique (incomplète).

Cet exercice comprend deux parties:

  • La fiche analytique:

    On vous demande, dans un premier temps, de faire une analyse du discours: quelles structures grammaticales reviennent le plus souvent dans le document et que permettent-elles de dire ? Quels vocabulaires dominent ? A ce stade, pour vous assurer de leur pertinence, vous devez "penser" (on ne vous les demande pas) aux conceptualisations grammaticale ( quelle règle?) et lexicale vous pourriez faire. De ces observations naissent vos objectifs linguistiques, puis vos objectifs fonctionnels, et enfin le savoir-faire que ces derniers permettent à vos apprenants de réaliser.

  • La démarche pédagogique :

    Elle découle de la fiche analytique! Pour l'examen, on ne vous demande de traiter que deux étapes de cette démarche: la compréhension finalisée et la production. Tout doit s'enchaîner avec une logique implacable : vos consignes de tâches, adaptées au niveau de vos apprenants, doivent leur permettre, d'une part, de repérer ce qui sert à réaliser l'acte de parole que vous voulez leur faire étudier, et, d'autre part, de réutiliser ces objectifs linguistiques en production.

Si la fiche analytique ne tient pas la route, la démarche pédagogique sera inopérante. Autrement dit, si vous ne savez pas de quoi vous parlez exactement, vos apprenants risquent de rester dans l'incompréhension et d'avoir du mal à mettre en pratique ce qu'ils étaient censés apprendre.

"Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement

Et les mots pour le dire arrivent aisément"

(Boileau- L'Art poétique (1674), au Chant I, vers 153-154)

Les écueils récurrents liés à un manque de pratique

Ce que l'on constate le plus souvent chez les candidats, ce ne sont pas des lacunes de fond, mais des manques de clarté, de pertinence ou de logique — le signe d'un défaut d'entraînement plus que de connaissance:

  • Il n'est pas rare qu'un acte de parole soit confondu avec une tâche — "vérifier les papiers" ou "vérifier l'identité", par exemple, sont des tâches ; "demander de présenter ses papiers" en est l'acte de parole. La confusion peut aussi venir d'un verbe de compréhension pris pour un acte de parole : "suivre une recette" n'en est pas un — "décrire les étapes d'une recette", si.

  • Ou qu'on relève un objectif grammatical qui ne tient pas — soit parce que les occurrences repérées dans le document sont trop peu nombreuses pour justifier qu'on s'y arrête, soit parce qu'elles sont de nature différente et qu'aucune règle commune ne peut réellement en être tirée.

  • Une consigne mal rédigée, que les apprenants ne comprendront pas.

  • Ou encore des tâches "à la marge" du métier, ou non contextualisées et qui pourraient tout aussi bien convenir à n'importe quel autre secteur, alors que tout l'intérêt du FOS, c'est justement le sur-mesure.

Une seule micro-tâche par exercice et une macro-tâche en autonomie pendant la formation du DAEFLE pour s'exercer au FOS, c'est peu. Les corrigés ne font pas état de ces erreurs récurrentes commises par les candidats. Parfois même, il arrive que la rédaction de ces corrigés entretienne certaines confusions, alors que c'est sur eux que les candidats comptent pour comprendre ce qui est attendu.

Les écueils dans lesquels tombent les candidats viennent souvent d'un manque de mise en situation et de projection dans le métier d'enseignant, dans la classe. S'entraîner à la démarche permet de se confronter à ces pièges pour les repérer, mais aussi de développer les réflexes qui permettent d'en éviter d'autres le jour J.

Pour aller plus loin...

Tout ce qui vient d'être évoqué — la structure de l'épreuve, les attendus de chaque exercice, les écueils fréquents — est développé plus en détail dans un guide clair de 20 pages, que vous pouvez télécharger gratuitement ici .

Mais si un guide donne des repères, ce n'est pas une méthode : la démarche FOS ne s'apprivoise qu'en la pratiquant, sur des sujets différents, avec des retours qui pointent précisément là où ça coince.

C'est pour répondre à ce besoin de pratique, et à celui de dissiper ce qui reste flou, que j'ai construit trois formats (complémentaires pour certains) :

Comprendre ce qu'on attend de vous dans l'épreuve de FOS est un vrai point de départ. Mais c'est en vous confrontant vous-même aux écueils évoqués dans ce guide — pas seulement en les lisant — que vous apprendrez à les repérer, et à les éviter le jour J.

C'est tout l'objet d'un entraînement structuré autour de la méthodologie propre à chaque exercice : répété sur des sujets variés, il permet de gagner en aisance, et de mener chaque exercice avec assurance, dans le temps imparti.

Formatrice et ingénieure pédagogique en FLE/FOS (Master FLE, DAEFLE option FOS), j'ai animé de 2021 à 2025 le groupe de révision de l'examen final du DAEFLE option FOS. Je partage ici mon expérience et mes réflexions pour vous aider à vous former ou à vous spécialiser au sein du FOS, quel que soit votre parcours initial en FLE.

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